Fète de la Musique / Faites de la Musique

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Cest en 2006 la 25ème édition de la Fête de la Musique. Un quart de siècle déjà depuis que Maurice Fleuret a lancé la fameuse injonction au succès jamais démenti : " Faites de la musique ! ”. Tout lesprit de la Fête est contenu dans cette homonymie qui célèbre la
pratique musicale et le bonheur de sexprimer par la musique.
Quand Maurice Fleuret devient directeur de la musique et de la danse, en octobre 1981, il souhaite être le directeur de toutes les musiques, de laccordéon à lindustrie phonographique... Cest en découvrant en 1982, par une étude sur les pratiques culturelles des Français, que cinq millions de personnes, dont un jeune sur deux, jouent dun instrument de musique, quil imagine faire descendre la musique dans la rue, et donner droit de cité aux quelque quatre millions dinstruments de musique que possèdent alors les français mais qui, trop souvent, restent sans voix.
En trois semaines, la première Fête de la Musique est ainsi lancée par Jack Lang, Maurice Fleuret et Christian Dupavillon, le 21 juin 1982, jour du solstice dété, nuit de fête se référant à lancienne tradition des Fêtes de la Saint-Jean.

" La musique est un acte.
La nouvelle politique de la musique sappuie avant tout sur la pratique musicale de tous sans hiérarchie de genres et de pratiques. Chaque acte de musique nécessite une réhabilitation, mérite respect, accompagnement, soutien, reconnaissance. Le 21 juin permettra den prendre conscience et dagir sur tous les fronts à la fois : sur lart " savant ” ou lart " populaire ”, lart majeur ou lart dit " mineur ”, lart accompli ou limprovisation.

Cest dans la promotion de ces principes de base que sinscrit la 1ère Fête de la Musique dont les tenants et les aboutissants sexpriment en une phrase : Faites de la musique ” (extrait de la conférence de presse de lancement, le 1er juin 1982)
La première Fête de la Musique, emblème dune politique qui allait durablement infléchir le cours de la vie musicale, est déjà conçue comme un gigantesque concert spontané sur tout le territoire. Chacun est invité à y participer " de sa fenêtre, du pas de sa porte, dans la rue, ou dans les endroits traditionnellement réservés aux manifestations musicales : places, kiosques, grandrues, églises, cours, parcs, jardins, etc... ”.

Concert, pour cette première année... dune demi-heure, de 20 h 30 à 21 h... pour les manifestations et les groupes organisés... et tard toute la nuit, pour ceux qui le souhaitent. Afin que nul ne soit exclu de la Fête, le ministère de la culture diffuse des schémas pour confectionner des instruments de fortune incluant éventuellement entonnoirs ou tuyaux darrosage... LOrchestre de lOpéra de Paris (avec la Symphonie Fantastique de Berlioz) et lOrchestre philharmonique de Strasbourg acceptent de jouer gratuitement et en plein air. LArchevêché encourage les paroisses à participer aux réjouissances. Des podiums se montent à Paris, Place de la République, à la Bastille et au Trocadéro, tandis que la France entière résonne de cette nouvelle approche de la musique...
La demie-heure prévue allait durer 25 ans !...
Quand Maurice Fleuret devient Directeur de la Musique et de la Danse en octobre 1981, à la demande de Jack Lang, il applique ses réflexions sur la pratique musicale et son évolution : “la musique partout et le concert nulle part“. Découvrant en 1982, à l’occasion d’une étude sur les pratiques culturelles des français, que cinq millions de personnes dont un jeune sur deux, jouent d’un instrument de musique, il se prend à rêver de faire descendre les gens dans la rue.
Et c’est ainsi, en quelques semaines, que la Fête de la Musique est lancée, le 21 juin 1982, jour du solstice d’été, nuit païenne se référant à l’ancienne tradition des fêtes de la Saint-Jean.
“Faites de la musique, Fête de la Musique“, la formule devenue mot d’ordre n’avait rien du slogan. Cette mobilisation des musiciens professionnels et amateurs, cette attention nouvelle portée à tous les genres musicaux, devenaient ainsi, à travers la réussite immédiate d’une manifestation populaire et largement spontanée, la traduction d’une politique qui entendait accorder leur place aux pratiques amateur ainsi qu’au rock, au jazz, à la chanson et aux musiques traditionnelles, aux côtés des musiques dites sérieuses ou savantes.
La gratuité des concerts, le soutien de la SACEM, le relais des médias, l’appui des collectivités territoriales et l’adhésion de plus en plus large de la population, allaient en faire, en quelques années, une des grandes manifestations culturelles françaises.
Elle commence à “ s’exporter “ en 1985, à l’occasion de l’Année européenne de la Musique. En moins de quinze ans, la Fête de la Musique sera reprise dans plus de cent pays, sur les cinq continents.
Si sa dimension européenne reste la plus visible, maintenant que Berlin, Budapest, Barcelone, Istanbul, Liverpool, Luxembourg, Rome, Naples, Prague, la Communauté Française de Belgique, Santa Maria da Feira... ont signé une “charte des partenaires de la Fête européenne de la Musique“, la Fête s’est développée à San Francisco, à New-York, à Manille, et est pratiquement devenue fête nationale dans de nombreux pays du continent africain, sans parler du Brésil ou de la Colombie.
Succès international, phénomène de société (un timbre poste lui est consacré en 1998), la Fête est aussi porteuse des nouvelles tendances musicales, que souvent elle annonce, que toujours elle traduit: renouveau des musiques traditionnelles, explosion des musiques du monde, développement des chorales, apparition du rap, de la techno, retour au carnaval musical...
Sa réussite visible en centre-ville occulte bien d’autres dimensions : elle entre dans les prisons, partage la vie des malades et du personnel à l’hôpital, rapproche les établissements scolaires et les écoles de musique, établit des liens et des échanges entre la ville et la banlieue, irrigue les communes rurales, valorise le travail de plusieurs mois ou de toute une année d’un individu, d’un groupe, d’une association ou de toute une communauté. Sans être jamais instrumentalisée, la Fête de la Musique favorise ainsi naturellement la démocratisation de l’accès aux pratiques artistiques et culturelles.
La réussite de la Fête est d’abord celle des multiples réseaux qui s’activent en prévision du 21 juin. Ils peuvent être institutionnels, comme les Théâtres Lyriques, les Orchestres nationaux et régionaux, les Ensembles de musique de chambre, les Conservatoires, les Ecoles de musique..., professionnels comme les Scènes de Musiques Actuelles (SMAC) et Cafés Musique ou les Antennes du Printemps de Bourges.
A cette occasion, les grandes fédérations amateurs mobilisent leurs relais dans toute la France qu’il s’agisse de la Confédération Musicale de France pour les Fanfares, les Harmonies et la pratique amateur en général ou de A Coeur Joie pour les Chorales. Les équipements sociaux et culturels, les associations locales aident à révéler les nouvelles expressions musicales. La vitalité de la Fête compte aussi avec les énergies de tous les “ volontaires “ qui se mobilisent individuellement pour apporter à cette journée exceptionnelle sa part fondamentale de spontanéité, son allure de transgression joyeuse.
En l’espace d’une génération, la Fête manifeste ainsi sa capacité permanente à se réinventer, ingénieuse et vivace, issue de l’institution, mais ayant choisi - comme la chanson - de vivre sa vie dans la rue.

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